Des bénévoles de la paroisse saint Louis et Zélie Martin, qui englobe les communes de la banlieue est (Mondeville, Colombelles) et sud de Caen, ont nettoyé la chapelle saint Ortaire située sur le territoire de leur paroisse ; une messe anticipée y a réuni 130 personnes, contre une assistance habituelle d’une trentaine de personnes.
Il s’agit de la chapelle saint Ortaire d’Etavaux, à Saint-André sur Orne, bâtie en style roman aux XIIe-XIIIe siècles. Le saint y était prié pour les maux liés aux rhumatismes et aux maladies cutanées.

Une équipe de bénévoles s’est mobilisée pour redonner vie à cette chapelle, afin qu’elle ne sombre pas dans l’oubli. Après un grand nettoyage, ce 11 avril 2026, une messe a été célébrée par Père Jean-Stanislas et Père Jean-Baptiste. Puis, comme au temps des pèlerinages, la foule – une assemblée de près de 130 personnes* – a répondu « présente » pour honorer la mémoire de Saint Ortaire. Certains sont venus de loin pour revivre et partager la ferveur de saint Ortaire, qui nourrissait lui-même une grande dévotion pour la Vierge Marie.
Cérémonie très joyeuse, animée par des jeunes accompagnés de l’orgue, du violon… L’assistance très recueillie a pu, après la cérémonie, partager le verre de l’amitié. Pour que la joie de Pâques se poursuive, les paroissiens émettent le souhait de renouveler ce temps fort en proposant des messes, chapelets, pèlerinages… avec le souhait de faire revivre cette chapelle.
Saint Ortaire de Landelles a été actif au VIe siècle dans les trois diocèses actuels de Coutances, Sées et Bayeux-Lisieux : « selon la tradition, Ortaire, issu de la noblesse gallo-romaine, nait en 482 « au Dézert (Manche), à l’endroit où s’élève aujourd’hui la chapelle Saint Ortaire. Tout jeune, il s’adonne à la pénitence : il pratique des jeûnes prolongés, s’habille pauvrement, porte le cilice, mange du pain d’orge, boit l’eau d’une fontaine encore existante, et qui jouit de vertus miraculeuses. Sa charité envers les pauvres est inépuisable. »
Il est attiré très tôt par la vie monastique, aussi il quitte sa famille à l’âge de douze ans pour se faire moine dans l’abbaye près de Beaumesnil (diocèse de Bayeux) où il fait un long apprentissage, s’instruisant et s’adonnant à la pénitence. «
Il est désigné par son supérieur pour fonder un monastère dans la forêt d’Andaine, à l’ouest de Bagnoles-de-l’Orne (diocèse de Séez). Il fonde ainsi l’ermitage du Bézier à Saint-Michel-des-Andaines. Selon une tradition locale, il aurait reçu la visite, vers 555, de sainte Radegonde. Ortaire revient à Beaumesnil, mais en tant qu’ermite. Il avait pour refuge une grotte près de son monastère, dominant le cours de la Drôme.
Dans la forêt d’Andaine, il trouve une source miraculeuse. Ainsi, la rumeur de ses guérisons se répand : les premières sont celles d’une jeune fille impotente des genoux, puis d’une lépreuse. Avec son intercession et en faisant boire de cette eau, des malades atteints de rhumatismes, voire de paralysie, améliorent leur santé ou guérissent. Enseignant, « il parcourt une grande partie du Bocage » et fait des disciples ; « les nombreux sanctuaires de nos trois départements bas-normands, où il est invoqué, peuvent fixer bien des points où il est passé » . Instruit des mystères de la religion celtique, il sut convertir les druides et fut ainsi un grand évangélisateur.
Ortaire nourrissait une grande dévotion pour la Vierge Marie. Il lui construisit une chapelle « dans son monastère de Landelles », où il se retira à 98 ans lorsqu’il sentit qu’il déclinait. Il convoqua alors ses moines pour les exhorter une dernière fois à la piété et à la pratique de toutes les vertus. Il serait mort le 15 avril 580.


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