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Riposte Catholique
Abus sexuels

Dijon : accusé d’abus, le père Grosjean libéré sous contrôle judiciaire

Par Nominoe — 11 juin 2026

Visé par au moins cinq plaintes pour abus, l’ancien curé de Sombernon dans le diocèse de Dijon, l’abbé Grosjean, a été libéré sous contrôle judiciaire le 29 mai dernier en attendant son procès, et placé au petit Béthanie, une des deux maisons où l’Eglise de France accueille les prêtres auteurs d’abus, mélangés à des alcooliques, dépressifs etc – l’autre est dans le diocèse de Montauban.

« Ses avocats avaient proposé ce lieu à plusieurs reprises , depuis des mois, à la chambre de l’instruction. « Il passera d’une cellule de prison à une cellule monacale, d’un lieu de détention à un lieu de détention plus élargi », résume Me Billard. « Il va être encadré, il continuera son suivi psychologique. » Son contrôle judiciaire lui interdit notamment d’entrer en contact avec les parties civiles et avec des mineurs, ainsi que de paraître en Côte-d’Or. « Cette mesure n’est pas une faveur qui lui a été faite, c’est ni plus ni moins que l’application de la loi, n’en déplaise aux parties civiles », lance Me Billard. « La justice lui a déjà réservé le sort le plus sévère, malgré son absence d’antécédents. S’il n’avait pas été ecclésiastique, je pense qu’on ne lui réserverait pas le même traitement. »

Le collectif la Parole Libérée, qui soutient les victimes – il en a recensé 17, depuis les années 1980, «  la nouvelle de sa libération est mal vécue, mais n’est pas une surprise. « J’ai rencontré la juge d’instruction la semaine dernière et elle m’a indiqué qu’elle n’allait pas prolonger sa détention provisoire, que ça faisait un an », raconte Véronique, la mère de Jean Jedrysek, le premier à avoir porté plainte , et représentante du collectif. « Ça met les victimes dans une mauvaise posture, ça enlève de la sérénité. »

Une fois de plus, on ne peut que déplorer que l’Eglise a des maisons pour accueillir les prêtres auteurs d’abus, mais que les victimes ou les ex-religieuses chassées de leurs couvents ou communautés nouvelles sont jetées sur le pavé sans rien. Du reste, il n’est guère étonnant que la confiance ne règne pas dans le diocèse de Dijon, miné par de profondes divisions… et qui a perdu un quart des donateurs au denier (26%) entre 2018 et 2024. Qui voudrait donner à une Eglise toujours incapable d’être une maison sûre, et où les pierres crient ?

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