Nominations Abus sexuels En Une Église en France Église universelle Diocèses International Summorum Pontificum Non classé
Riposte Catholique
En Une

Dérives spirituelles : une communauté du Canada condamnée

Par Nominoe — 18 juin 2026

Il n’y a pas qu’en France que les communautés nouvelles connaissent des dérives. Au Canada la Famille Marie jeunesse, une communauté nouvelle d’inspiration mariale fondée en 1982, vient de signer une entente avec ses victimes pour éviter un procès public, notamment suite à des dérives spirituelles graves. René Lavoie, son fondateur, ordonné prêtre en 2005, ne fait plus partie de la communauté depuis 2016 et est en retrait de son ministère depuis le début de l’action collective, portée par des ex-membres.

« En septembre 2021, Pascal Perron, un ancien membre de la FMJ, était autorisé à exercer une action collective contre cette communauté qu’il avait quittée en 2014. M. Perron obtenait aussi le titre de représentant d’un groupe de personnes alléguant avoir été «victimes d’abus physiques, spirituels et psychologiques au sein de Famille Marie-Jeunesse entre 1986 et aujourd’hui».

L’action collective reprochait à cette communauté, fondée par l’abbé Réal Lavoie, un prêtre de l’archidiocèse de Sherbrooke, d’avoir mis en place des règles «strictes et rigoureuses» qui ont eu pour effet de «détruire l’identité des individus qui en faisaient partie», «d’empêcher leur développement» et de rendre «leur réintégration dans la société civile extrêmement difficile».

Dans son jugement autorisant l’action collective, la juge Alicia Soldevila de la Cour supérieure spécifiait toutefois que le tribunal, lors d’un éventuel procès, n’aurait pas à évaluer les règlements internes de la FMJ puisque toute personne adulte «a le droit et la liberté d’adhérer à des règles imposées par un groupe religieux». Elle donnait alors l’exemple des moines et des moniales qui, depuis des siècles, voient leur quotidien être régi par des règles sévères.

La FMJ et l’archidiocèse de Sherbrooke verseront une somme de 400 000 $, ce qui comprend l’ensemble des frais de justice ainsi que les honoraires des avocats. La somme restante (un peu plus de 300 000 $, estime-t-on) sera ensuite partagée entre les personnes qui réclament des indemnités. Celles-ci pourront varier entre 5 000 $ et 20 000 $, selon le nombre de personnes reconnues admissibles par les adjudicateurs.

En réaction à ce jugement, la Famille Marie-Jeunesse rappelle d’abord que «cette entente a été conclue sans reconnaissance ou admission de responsabilités de quelque nature que ce soit par les parties défenderesses».

La FMJ compte aujourd’hui 19 membres internes qui résident toujours dans leur couvent de la rue Conseil à Sherbrooke. Cette résidence a été vendue l’an dernier, mais la communauté peut y demeurer jusqu’en juin 2027″.

De 130 membres au Québec et en Belgique… à 19 : on reconnaît un arbre à ses fruits

Elle a connu jusqu’à 130 membres dans cinq communautés, baptisées  »auberges » au Québec, et à Ciney, ville – et gare (entre Namur et Luxembourg) connue pour sa bière et sa brocante, entre 2003 et 2018. Le fondateur la quitte en 2021, au début de l’action collective des victimes et ex-membres qui le décrivent comme un « gourou« .

Sur le site de la communauté elle-même, elle est définie comme « association de fait » (!) en 1992 par l’évêque de Sherbrooke, et association publique de fidèles depuis 2009 : « Motivés par le projet, certains jeunes choisissent de s’y engager à temps plein. Le groupe fonde une maison à Sherbrooke (Québec) en 1990. L’archevêque du lieu, Mgr Jean-Marie Fortier lui accorde une première reconnaissance comme « Association de fait » en 1992. À partir du milieu des années 1990, plusieurs jeunes sentent un appel à la vie consacrée ou au sacerdoce et souhaitent le vivre au sein de la FMJ. Un chemin se dessine et les premiers engagements définitifs auront lieu en 1999. D’autres jeunes continuent à vivre la spiritualité et la mission de la FMJ dans la vie laïque. À travers différentes étapes de croissance, le projet communautaire s’est précisé. Depuis 2009, la FMJ est reconnue par l’archevêque de Sherbrooke, comme « Association publique de fidèles »« .

Laisser un commentaire