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Belgique : les Jésuites mettent fin à 456 ans de présence à Liège

Par Nominoe — 25 juin 2026

Encore un effet délétère du « printemps du Concile » que les Jésuites sont pourtant les plus enclins à encenser : après 456 ans de présence, confrontés à l’absence de vocations et le vieillissement de leurs membres, ils quittent Liège. Ils avaient déjà quitté Charleroi, toujours en Belgique, en 2021, et de l’autre côté de l’Atlantique, fermé leur communauté de Sudbury en Ontario après avoir mis fin à 140 ans de présence – le prêtre qui l’expliquait à la presse catholique francophone locale venait de fêter ses 50 ans de sacerdoce.

La radio d’état francophone RTBF ne s’y trompe pas en voyant la « fin d’une époque » : « Le départ à la retraite du dernier jésuite encore en fonction au collège Saint-Servais a été l’élément déclencheur d’une décision devenue inévitable faute de relève au sein de la congrégation, souligne le père André Moreau, l’actuel père supérieur des jésuites liégeois : « L’élément déclencheur, c’est la diminution drastique du nombre de jésuites et donc leur vieillissement. Nous sommes maintenant 5 dans la communauté, dont un qui termine sa carrière au collège, qui aura 66 ans au mois de juin. Et donc évidemment, c’est la fin. Et nous avons d’une certaine manière attendu qu’il soit mis à la retraite pour partir. La communauté ici, depuis le XVIe siècle, était essentiellement orientée vers l’enseignement. Mais la raison principale, c’est vraiment la diminution des vocations religieuses, et nous ne sommes pas les seuls. »

Le média local Boulettes pleure une grande perte pour la ville : « quelques décennies seulement après la fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, ils s’implantent en principauté, où ils développent rapidement une œuvre éducative d’envergure. Dès 1582, ils fondent le Collège en Isle, qui accueillera jusqu’à un millier d’élèves. Plus tard viendront le Collège des Anglais, le Collège Saint-Servais et le Collège Saint-Louis. L’Institut Gramme ? Encore eux, au début du XXe siècle.

Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité dans l’histoire liégeoise. Pendant près de cinq siècles, les Jésuites ont accompagné les transformations de la ville. Traversé les bouleversements politiques, les révolutions industrielles et les mutations sociales. Et ce, sans jamais abandonner leur mission première : transmettre le savoir et former la personne humaine dans toutes ses dimensions.

Bien sûr, les écoles fondées par les Jésuites vont continuer d’exister. Les œuvres qu’ils ont inspirées poursuivront leur mission. Mais une institution n’est jamais plus tout à fait la même lorsqu’elle perd ceux qui lui ont donné naissance – et qui ont incarné son esprit pendant des siècles. Oui, décidément, ce départ est une perte. Parce qu’il met fin à une présence qui reliait la ville à une histoire exceptionnelle de transmission, de culture et d’engagement. Il rappelle aussi qu’un patrimoine ne se résume pas à des bâtiments ou à des archives. Il vit à travers des femmes et des hommes qui portent une vision du monde. Pendant plus de 450 ans, les Jésuites ont contribué à faire de Liège un lieu d’éducation, de réflexion et de service. Leur héritage demeure. Mais leur absence laisse incontestablement un vide dans le paysage humain et intellectuel de la Cité ».

Lors de la messe d’action de grâce le 13 juin dernier à Saint-Christophe de Liège – qui a réuni 600 personnes, une affluence énorme pour une Belgique très déchristianisée, où la pratique est tombée sous la barre des 1% et une grand messe dans une église chef-lieu de paroisse peut réunir 20 à 50 personnes, l’empreinte historique des Jésuites sur Liège a une fois de plus été rappelée :

« Le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ), le Renouveau charismatique, l’espace Loyola, et même, plus inattendu, le Standard de Liège (le club doit ses origines à des étudiants du Collège Saint-Servais) : tous gardent un lien étroit avec la Compagnie, quand ils ne lui doivent pas tout simplement leur existence.

Au fil des siècles, la Compagnie aura connu à Liège ses heures de gloire comme ses épreuves : déménagements, clandestinité, incendies. Supprimée en 1773, elle renaît en 1814. ”Le phoenix est rené de ses cendres. Espérons qu’il en sera un jour de même à Liège !”, a glissé Mgr Delville, lui-même ancien élève des jésuites à Saint-Servais avant d’étudier à Rome dans leurs universités ».

Les Jésuites quittent Liège, car le « printemps conciliaire » a poussé le bouchon trop loin. Comme souvent, une photo vaut mieux que de longs développements :

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