En 2026, 196 ordinations sacerdotales dont 130 diocésaines ont été recensées en Pologne. L’an dernier il y en a eu 206 (139 diocésains et 67 religieux), soit 24 de moins qu’en 2024.
Cette année, « le diocèse de Tarnów enregistrera le plus grand nombre d’ordinations, soit 14. Il est le seul diocèse à compter plus de dix ordinations. Neuf prêtres seront ordonnés dans le diocèse de Varsovie-Praga et huit dans l’archidiocèse de Varsovie. L’archidiocèse de Katowice, le diocèse de Kielce et le diocèse de Bielsko-Żywiec accueilleront chacun six nouveaux prêtres. Les archidiocèses de Łódź, Lublin et Pelplin en accueilleront chacun cinq. L’archidiocèse de Cracovie a enregistré une baisse du nombre d’ordinations pour la deuxième année consécutive. Il y a deux ans, on comptait 13 nouveaux prêtres ordonnés, sept l’année précédente et quatre en 2026″.
Il y a aussi eu, pour la première fois en 14 ans, deux ordinations dans l’ordinariat militaire, l’équivalent du Diocèse aux Armées, mais aucune dans sept diocèses catholiques romains, et, pour la deuxième année de suite, dans les éparchies gréco-catholiques dont le séminaire est à Lublin.
Le nombre d’ordinations devrait baisser encore l’an prochain, puisque 211 diacres ont été ordonnés ou le seront cette année, contre 234 l’an dernier.

Les ordinations chez les religieux en baisse d’un quart en trois ans
Chez les religieux, 66 prêtres seront ordonnés en 2026 contre 86 il y a trois ans. « Les Salésiens accueilleront le plus grand nombre de nouveaux prêtres, avec dix ordinations. Les Pères Paulins en accueilleront six, tandis que les Franciscains conventuels, les Jésuites et les Pallottins en recevront chacun cinq. Les Capucins et les Oblats accueilleront chacun quatre nouveaux prêtres. Les Rédemptoristes en accueilleront deux et les Dominicains un ».
Les chiffres du déclin de l’Eglise catholique en Pologne
Le journal 02 apporte des statistiques chiffrées : « En 2024, le nombre de prêtres affectés aux diocèses en Pologne a atteint 23 274, soit une baisse de 6 % par rapport à l’année précédente. Le nombre de prêtres en poste dans les paroisses a également diminué : on en comptait 18 170, soit une baisse de 2,1 % par rapport à 2023. Comparé à 2018, le nombre de membres du clergé en poste dans les paroisses a chuté de façon spectaculaire de 11,7 %. Ces données montrent que l’Église catholique en Pologne est en déclin progressif.
En 2024, les diocèses de Tarnów (1 465), Cracovie (1 117) et Katowice (949) comptaient le plus grand nombre de prêtres diocésains . L’Ordinariat militaire de l’Armée polonaise (52) et le diocèse d’Elbląg (269) en comptaient le moins. La plus forte baisse du nombre de prêtres entre 2018 et 2024 a été enregistrée dans le diocèse de Zielona Góra-Gorzów, avec une diminution de 11 %.
De façon statistique, le nombre des ordinations diocésaines a été divisé par trois depuis 2014, et si on compte les ordinations au total, avec celles des religieux, elles l’ont été par deux depuis douze ans.

75% de séminaristes en moins en 20 ans, moitié moins de 2018 à 2024
Le journal 02 poursuit son exposé :de moins en moins de jeunes hommes choisissent le séminaire . En 2000, 6 789 séminaristes se préparaient à la prêtrise, contre seulement 1 690 en 2023. Cela représente une baisse de plus de 75 % en vingt ans. La diminution du nombre de candidats à la prêtrise montre que les vocations sacerdotales sont aujourd’hui beaucoup plus rares en Pologne qu’il y a dix ans ».
Selon le quotidien polonais « Gazeta Wyborcza », le nombre de séminaristes diocésains en Pologne a de nouveau diminué en 2024. Les séminaires diocésains ont formé 984 candidats à la prêtrise, soit une baisse de 5,3 % par rapport à l’année précédente. Comparé à 2018, le nombre de séminaristes en séminaire a déjà diminué de plus de moitié. C’est dans les archidiocèses de Łódź et de Varsovie que l’on observe le plus fort ratio séminaristes/prêtres ».
En 2025, déjà une dynamique de baisse
En 2025, « le plus grand nombre de nouveaux prêtres, une tendance qui se confirme, a été ordonné dans le diocèse de Tarnów (13), suivi de l’archidiocèse de Varsovie (12) et de l’archidiocèse de Lublin (10). Par conséquent, il devient de plus en plus rare qu’un même diocèse compte plus de dix prêtres ordonnés.
L’archidiocèse de Cracovie, qui a ordonné 13 prêtres l’an dernier, n’en comptera que sept cette année, soit presque deux fois moins. Les archidiocèses de Łódź et d’Ełk en accueilleront chacun six de plus, tandis que les archidiocèses de Gdańsk et de Przemyśl, le diocèse de Radom et le diocèse de Toruń en accueilleront chacun cinq. Dans les autres diocèses, le nombre de nouveaux prêtres ordonnés varie de deux à quatre. L’an dernier, aucun prêtre n’a été ordonné à Olsztyn ni à Szczecin. Cette année, les deux archidiocèses (Warmia et Szczecin-Kamień) accueilleront chacun deux nouveaux prêtres. Le diocèse de Sosnowiec en accueillera également deux : l’un a déjà été ordonné et l’autre le sera en août ».
Par ailleurs en 2025, « aucun prêtre n’a été ordonné dans l’archidiocèse de Wrocław ni dans les diocèses de Zamość-Lubaczów, Łowicz, Gliwice, Pelplin et Drohiczyn ».
L’Eglise de Pologne serait à un « pic historique » de vocations et ne pourrait que baisser
Le révérend docteur Jan Frąckowiak, recteur du séminaire de l’archevêque de Poznań et président de la Conférence des recteurs des grands séminaires diocésains et religieux, a souligné que la baisse du nombre d’ordinations a plusieurs causes.
« La baisse constante du nombre de nouveaux prêtres ordonnés s’explique par le fait que nous nous remettons actuellement d’un pic record de vocations atteint dans les 1 060 ans d’histoire de l’Église en Pologne. Jamais auparavant nous n’avions compté plus de 40 diocèses, chacun disposant presque de son propre séminaire – généralement de taille considérable – et qui plus est, d’une capacité maximale. Une telle situation ne s’est produite qu’une seule fois dans l’histoire, et il semble que nous revenions à une situation comparable à celle d’antan », souligne le père Jan Frąckowiak dans un entretien avec KAI.
Il passe sous silence aussi la déchristianisation croissante des jeunes générations – comme ailleurs en Occident, l’émigration toujours notable de Polonais (notamment vers l’Irlande et l’Islande où ils renforcent les communautés catholiques locales), et la fuite croissante vers les paroisses traditionnelles et la FSSPX – après avoir accueilli plusieurs dizaines de prêtres diocésains, elle a triplé en dix ans le nombre de ses chapelles en Pologne.
Comme ailleurs en Europe, les diocèses polonais envisagent de faire recours aux laïcs, regrouper les paroisses puis les séminaires. Actuellement, trois séminaires en Pologne ont le statut interdiocésain : à Częstochowa, Cracovie et Opole. Sur les 36 séminaires diocésains, trois assurent également la formation d’autres diocèses.

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