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Lassaliens : le collège de Boulogne-sur-Mer (62) épinglé par une inspection

Par Nominoe — 27 juillet 2026

Le site régional d’investigation Médiacités a publié des extraits du rapport d’inspection du collège Godefroi de Bouillon de Boulogne sur Mer, un établissement du réseau lassalien où plus de 300 victimes d’abus physiques et sexuels ont été recensées par un collectif national – l’association MVR – sur les cinquante dernières années. Ce qui interpelle particulièrement, au vu de l’actualité liée aux abus dans le réseau lassalien, c’est que l’inspection a mis en évidence des « carences » quant aux abus sexuels entre élèves. L’établissement a été inspecté en juin 2025, la direction de l’établissement affirme n’avoir reçu le rapport écrit qu’en février 2026, mais mis en place des correctifs et des ajustements dès la rentrée de septembre 2025.

« Le collège Godefroy de Bouillon à Boulogne-sur-mer (222 élèves en 2024/205) a connu une inspection inopinée en juin 2025. Illustration : Mediacités Sous contrat d’association avec l’Etat depuis 1980, le collège privé catholique Godefroy de Bouillon, situé à deux pas du centre‐ville de Boulogne‐sur‐mer, compte parmi les 51 écoles, collèges et lycées privés financés sur fonds publics que le rectorat de Lille a inspectés en 2025. Il dépend de La Salle France, un réseau de dizaines d’établissements dont le projet éducatif consiste en un « développement intégral » de chaque élève.

Cas particulier pour ce contrôle, le collège qui scolarisait 222 élèves en 2024/2025 a enregistré une visite “surprise”. Le 17 juin 2025, une équipe de dix inspecteurs ainsi qu’un conseiller technique vie scolaire s’y est déplacé. En effet, l’analyse d’un ensemble de documents transmis par le collège à compter du mois de janvier de la même année, a conduit la rectrice à ordonner une inspection inopinée ».

Harcèlement et abus sexuels entre élèves : une heure de « colle » comme sanction

Le rapport pointe notamment que  » « l’établissement ne semble pas doté d’une stratégie cohérente, lisible et opérationnelle pour faire face aux situations de harcèlement, alors même que des faits graves ont été rapportés ». Ces faits, découverts par la mission lors d’échanges avec les collégiens concernent des « comportements problématiques entre élèves ». Les auteurs du rapport estiment que cette carence est « structurelle« .

Le rapport relève des comportements inappropriés « allant d’insultes répétées à des attouchements à caractère sexuel ». Et de déplorer que « ces situations, lorsqu’elles ont été signalées, n’ont pas systématiquement donné lieu à des actions éducatives claires et visibles », notamment des convocations des familles des auteurs présumés. Ceci a pour conséquence, selon les inspecteurs « le silence des victimes lors de la répétition des attouchements, puisque dénoncer de tels faits reste sans réponse efficace à leurs yeux. » Certains élèves ont notamment rapporté que la seule sanction prise contre les auteurs présumés a été une heure de retenue, et que dans le même temps, « les victimes n’ont pas bénéficié d’un accompagnement adapté ».

Des propos blessants, voire racistes tenus par les enseignants : « une forme d’impunité »

Le rapport pointe aussi un autre problème : « une seconde alerte est formulée dans le rapport quant au climat scolaire. A nouveau lors de leurs entretiens avec les élèves ainsi qu’avec la responsable éducative, les inspecteurs se sont vu rapporter « à plusieurs reprises », « des propos blessants ou rabaissants tenus par certains enseignants à l’encontre des élèves ».

Deux enseignants en particulier sont pointés. Un enseignant aurait tenu des propos discriminatoires : « T’es sûr que t’es Français toi ? » ou encore, à propos d’un garçon ayant les cheveux longs « Elle est où la fille ? ». Dans une autre matière, le rapport relève que des élèves « décrivent une ambiance de crainte ». Un témoignage évoque notamment un élève contraint de danser devant la classe, une situation que les inspecteurs qualifient « d’humiliation publique ».

« À la suite des signalements examinés dans le cadre du contrôle, plusieurs auditions ont été réalisées par les services de police, sans qu’aucune suite pénale ne soit envisagée, les propos n’ayant pas été vérifiés », indique la cheffe d’établissement à Mediacités. Elle assure par ailleurs « porte[r] une attention particulière à toute situation signalée par les élèves ou les familles. Lorsqu’un comportement est considéré comme inadapté ou blessant, des échanges sont organisés rapidement avec les personnes concernées afin d’éclaircir les faits et de privilégier le dialogue et la médiation. » Pourtant, les inspecteurs jugent dans leur rapport que « le traitement institutionnel de ces situations est inexistant ». Et de fustiger « une forme d’impunité ».

La musique à la trappe ?

La musique adoucit les moeurs. Mais peut-être pas dans l’établissement lassalien de Boulogne, où le rapport met en évidence une situation qu’on n’attendrait pas vraiment dans un établissement qui vise l’excellence : « le rapport pointe « une situation particulièrement préoccupante » en éducation musicale. Les cours sont en effet assurés par des enseignants d’autres matières (mathématiques, allemand, histoire etc.) et ce « sans objectifs d’apprentissage clairs ». Certains élèves assurent même que, lors de ces cours, les enseignants dispensent en réalité leur propre discipline…« 

Flûte alors…

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