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Normandie : encore un chancelier diocesain qui n’est pas au dessus de tout soupçon ?

Par Nominoe — 4 août 2026

Le droit canonique, au canon 483, exige « que le chancelier et les notaires doivent être de réputation intacte et au-dessus de tout soupçon« .

Or, dans un diocèse normand, le chancelier, par ailleurs desservant d’une paroisse – où il a de nombreux fidèles, aurait eu des gestes inappropriés envers des femmes majeures, aurait commis des faits de harcèlement – jusqu’à ce qu’une des paroissiennes, dans l’impossibilité de mettre fin à ses sollicitations entre 2024 et l’hiver 2026 malgré plusieurs mises au point écrites, envisage le suicide.

Cette paroissienne a contacté la cellule d’écoute du diocèse mi mars, a été reçue avec son mari par l’évêque le 7 avril. Depuis… Plus rien. Du coup, elle a porté plainte le 23 juillet dernier et saisi le TPCN il y a quelques jours – qui a accusé réception de son signalement.

L’évêque, que nous avons joint, dément n’avoir rien fait, affirmant avoir contacté son archevêque, le promoteur de justice du TPCN, la cellule d’écoute nationale, et être au courant des problématiques puisqu’il a reçu une vingtaine de victimes d’abus depuis qu’il est en poste. Néanmoins, symbole de la déconnexion entre une Église qui ne parle plus qu’à 1 et 2% de la population et le reste de la société, il a oublié le plus important – tenir la victime qui est venue le voir au courant de ses démarches.

La correspondance touffue de ce dossier compliqué, et les éléments dont nous disposons, laisse comprendre qu’il n’y a pas une seule victime et que le diocèse aurait été bien inspiré de signaler les faits à la justice civile et de faire un appel à témoignages.

Le signalement ne fait pas du prêtre un coupable – mais comme il « n’est plus au dessus de tout soupçon » il ne peut plus être maintenu à son poste de chancelier. D’autant que les chanceliers se retrouvent à traiter des affaires de moeurs, ou à valider et suivre les restrictions de ministère dont font l’objet certains prêtres.

Par ailleurs, dans cette affaire qui était tout à fait évitable, et qui empoisonne aujourd’hui une paroisse, le diocèse a commencé à agir visiblement – un communiqué devait sortir hier, dixit l’évêque, mais il n’en a rien été, le décalage horaire en Normandie peut être ? – qu’au moment où la victime a porté plainte et que la presse catholique a été mise au courant.

L’évêque a eu quatre mois pour préparer sereinement ses nominations et pourvoir au remplacement de son chancelier pour respecter le droit canonique… Mais n’a rien fait.

Un rappel de plus – terrible – que la parole d’un évêque ne suffit pas, que dans certains diocèses l’inertie est telle que les abus continuent tant qu’ils ne sont pas rendus publics et que les victimes, une fois qu’elles sont décidées à agir, se doivent de

  • Porter plainte devant une juridiction civile
  • saisir le Tribunal Pénal National Canonique
  • Alerter la presse

3 commentaires

  1. Père Gruber
    4 août 2026 à 7h49

    C’est encore le cas à Dax ce mois-ci, avant l’arrivée d’un laïc. L’actuel Chancelier est un prédateur bien connu et dénoncé aux évêques successifs – en particulier l’actuel Mgr Souchu qui le comble d’honneurs – qui n’ont RIEN fait (sauf Mgr Gaschignard dont le prédateur a eu la peau en le dénonçant auprès de l’archevêque de Bordeaux Ricard de faits inexacts: aucune sanction): complices.

  2. Pitoune
    4 août 2026 à 10h54

    Il serait intéressant que la justice canonique s’intéresse à l’éventuelle corrélation entre les abus et l’appartenance à la franc-maçonnerie. Peut-être que cela expliquerait bien des choses sur ces prétendues complicités.
    Encore faudrait-il que la justice canonique ne soit pas elle-même infiltrée.
    Le Code de Droit Canonique de 1917 stipulait au canon 2335 que les francs-maçons étaient excommuniés « latae sententiae ».
    Celui de 1983 (art 1374) a supprimé toute référence explicite à la franc-maçonnerie et réduit l’appartenance à « une association qui conspire contre l’Eglise » à une juste peine, cela ne peut être un hasard et montre une tolérance pour le moins suspecte.

  3. Rive
    6 août 2026 à 8h09

    Je connais un chancelier dans le diocèse du Sud de la France, qui après avoir dénoncé, à juste titre, le décret du saint évêque (Frère …) a été remercié et même publiquement révoqué.
    R.R

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