Voilà qui va donner de l’eau au moulin de ceux – notamment chez les non una cum – qui accusent le pape Léon XIV de dérives diverses, de modernisme et d’anthropocentrisme dans son encyclique sur l’IA Magnifica Humanitas, publiée le 25 mai dernier. Une obédience maçonnique peu connue, la Grande Loge Mixte Universelle, scission du Droit Humain depuis 1973, « affirme son adhésion au contenu humaniste de l’encyclique » dans un communiqué. Cette obédience compte 1400 membres dont la moitié de sexe féminin, et travaille essentiellement en rite écossais rectifié.
L’anthropocentrisme du texte, encensé par la GLMU, critiqué par Mgr Strickland
L’obédience affirme aussi que l’encyclique est « un repère crucial pour naviguer à travers les transformations en cours. Ce principe nous incite à maintenir l’humain comme origine, mesure et objectif de toute innovation« .
C’est pourtant l’anthropocentrisme du texte qui fait l’objet de virulentes critiques de Mgr Strickland, ex-évêque de Tyler au Texas, reprises sur le site de la FSSPX : « je crois important d’aborder les préoccupations suscitées par la récente encyclique Magnifica Humanitas du Saint-Père Léon XIV. Certains y ont trouvé des passages éclairants et convaincants. D’autres ont éprouvé un profond malaise à sa lecture — la crainte que, sous de nombreuses affirmations vraies, le document ne reflète un déplacement théologique plus large risquant de placer l’homme au centre d’une manière qui obscurcit la primauté de Dieu.
[…] La préoccupation la plus profonde n’est pas que le texte dise des choses fausses sur l’humanité, mais qu’il semble réordonner la hiérarchie des vérités en plaçant l’humanité, l’épanouissement humain, la dignité humaine et les relations humaines au centre, d’une manière risquant d’éclipser la primauté de Dieu, du péché, de la rédemption, du culte et du salut.
La théologie catholique commence par Dieu. Elle commence par la gloire de Dieu, la souveraineté de Dieu, la sainteté de Dieu, la réalité du péché, la nécessité de la rédemption, la Croix du Christ, le jugement éternel et le salut des âmes. La dignité humaine est affirmée précisément parce que l’homme est créé par Dieu, racheté par le Christ et ordonné à la communion éternelle avec Lui. La dignité de l’homme découle de Dieu et demeure subordonnée à Dieu.
Dans ce document, cependant, l’accent paraît souvent inversé. À de nombreuses reprises, le langage se concentre sur l’épanouissement humain, la vulnérabilité humaine, la solidarité humaine, la fraternité humaine, la communion humaine, les relations humaines, la participation humaine et la préservation de l’humanité elle-même. Certes, la doctrine catholique enseigne ces réalités. Mais cette insistance répétée donne l’impression que la crise principale du monde moderne serait la « déshumanisation », plutôt que le péché contre Dieu«


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