Paix Liturgique revient sur la banalisation des hérésies et des scandales dans l’Eglise, en France et ailleurs, dans sa lettre du 8 juin dernier; on peut ajouter depuis l’autorisation, dans plusieurs églises affectées au culte, par le diocèse de Paris, d’oeuvres artistiques profanes, et l’arrestation de fidèles qui priaient le chapelet au pied de l’église Saint-Laurent, finalement relâchés sans poursuites judiciaires après 44h de garde à vue :
Un article de La Libre Belgique du 21 janvier faisait l’éloge d’une chroniqueuse de ce journal, Myriam Tonus, laïque dominicaine, théologienne, chargée de mission au Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique, aumônière à l’hôpital psychiatrique, chroniqueuse à La Libre Belgique, commentatrice de la messe radiodiffusée de la RTBF, qui avait décidé de « quitter la cathosphère » (autrement dit, l’Église catholique), pour entrer dans l’Église Protestante Unie de Belgique. Son motif : «Je suis en colère contre l’Église catholique qui n’évolue pas. !» .
L’Église catholique n’évolue pas ? C’est tout le contraire. Des « catholiques » non moins intégrés que cette théologienne, dans le monde entier, animent une évolution galopante sous la forme d’« abus », qui se multiplient dans tous les domaines, parfois à un très haut niveau, mais qui ne sont jamais condamnés et sont ainsi de fait – parfois de droit – entérinés. Ainsi, plus s’écoulent les années postconciliaires, plus se banalise cette situation dans l’Église, qu’on pourrait qualifier globalement de situation de non droit et surtout de non foi.
Les exemples foisonnent.
Morale : le 6 septembre 2025, on a assisté à une mini-Fierté Gay à la Basilique Saint-Pierre, avec symboles LGBTQ, à commencer par la croix du jubilé arc-en-ciel, et grande publicité pour cet événement, audience privée de Léon XIV accordée au P. James Martin, le promoteur de l’agenda LGBT, messe célébrée le même jour par Mgr Francesco Savino, vice-président de la CEI, dans l’église du Gesù.
Unité de l’Église : un accord provisoire signé entre le Saint-Siège et Pékin en 2018, et renouvelé tous les deux ans et pour quatre ans en 2024, prévoit une entente préalable entre les autorités chinoises et le Saint-Siège pour la nomination par Rome des évêques. Mais, piétinant délibérément cet accord, le gouvernement chinois, a procédé à plusieurs reprises, via l’Association patriotique catholique chinoise (APCC), contrôlée par le Parti Communiste Chinois, à la consécration d’évêques sans mandat papal préalable. Rome, sous François, comme sous Léon XIV a cédé à chaque fois et a finalement accepté ces nominations (par exemple, celle de Mgr Giuseppe Wang Zhengui a été ordonné évêque d’un diocèse, Zhangjiakou, créé unilatéralement par l’APCC).
Œcuménisme : j’avais parlé dans une Lettre du 24 février 2025) de la participation à la concélébration catholique d’une prêtresse anglicane, dans la cathédrale du diocèse de Chapecó, lors d’une messe présidée par Mgr Magri.
Structure hiérarchique : Rebecca Alsberge, mère de quatre enfants, a été nommée, dans le diocèse de Bruxelles, déléguée épiscopale pour Brabant wallon, et est désormais citée dans la prière eucharistique avec l’archevêque et les évêques auxiliaires. En Suisse, à Zurich, l’agente pastorale Monika Schmid a concélébré et a même présidé des concélébrations eucharistiques. Fréquentes au reste sont, dans les pays alémaniques, les homélies prononcées par des ministresses, parfois en aube et étole.
Liturgie : les « inventions » les plus inventives sont monnaie courantes. Pendant la messe de la Pentecôte, le 24 mai dernier, un prêtre argentin, curé de Notre-Dame de la Miséricorde dans le diocèse de Río Cuarto, portant un tablier Boca Juniors et un chapeau de « Minions », a préparé une salade de fruits pour faire comprendre aux enfants ce qu’étaient les fruits du Saint-Esprit, les pommes représentaient l’amour, les bananes la joie, etc. .
Foi : dans l’hebdomadaire Golias, du 14 mai dernier, un article de Paul Fleuret, ancien aumônier catholique de prison, auteur de nombreux livres, critique vivement les fidèles qui communient à genoux et sur la langue, car cela montre qu’il y a chez eux et chez certains prêtres « un grave problème théologique à propos de l’eucharistie ; et plus précisément à propos de ce qu’il est convenu d’appeler la « présence réelle ». » Suit une critique en règle de la doctrine de la transsubstantiation. De même, la récente Lettre de Paix liturgique du 28 mai dernier, rapportait les conclusions hétérodoxes du groupe 9 de la dernière assemblée du Synode des Évêques : « Dans cette perspective, le rôle spécifique de l’autorité est avant tout d’écouter, d’activer des processus de discernement et de les accompagner afin de parvenir à l’expression d’un consensus, même différencié, lorsque cela contribue à la construction du bien commun. » Le rôle de l’autorité magistérielle n’est plus que d’accompagner « l’expressions d’un consensus. »
Etc. etc. Ma liste pourrait être infinie.
Le plus grave en tout cela est non seulement dans l’absence de réaction de l’autorité épiscopale ou romaine, mais éventuellement dans son absolution du scandale ou de l’hérésie. Le 4 octobre 2025, une bénédiction des animaux avait eu lieu à la paroisse du Bon Pasteur à Zurich. Au cours de la messe, trois femmes ont partagé une partie de leur hostie avec leurs chiens. Après enquête sur ce sacrilège caractérisé, Mgr Bonnemain, l’évêque de Coire, dont dépend la paroisse, tout en regrettant « cet incident regrettable, a conclu que les fautives n’avaient pas d’intention sacrilège et ne méritaient pas l’excommunication .
En réalité, aujourd’hui, le seul « abus » vraiment condamnable est la célébration de la messe et des sacrements traditionnels (je vous ai raconté comment Mgr Breis Pereira, archevêque de Maceió a déclaré automatiquement excommunié tout prêtre célébrant la messe tridentine en dehors de celle permise par lui – Paix Liturgique France).

Quand on voit toutes ces abominations qui s’accumulent de jour en jour il est clair que la situation de l’Église est de plus en plus dramatique. Et le pire est que ces scandales viennent de Rome comme les LGBT qui ont souillé la basilique St Pierre ou la femme déguisée en évêque de la secte anglicane reçue au Vatican par le pape. Nous sommes bien dans un état de nécessité et même d’urgence absolue qui nécessite des actions exceptionnelles comme le sacre d’évêques vraiment catholiques.
La Bête est désormais dans l’Église. Les scandales se succèdent.