Le très hétérodoxe évêque de Pilsen, Mgr Holub, à l’ouest de la Tchéquie a peut être abusé de la bière locale – Pilsen est la patrie de la Pils, cette bière légère, à moins de 5 degrés, qui s’est largement imposée dans la MittelEuropa. Il vient d’affirmer dans un entretien avec André Grillo que seule la messe nouvelle peut être celle de l’Eglise (post) synodale,en validant au passage nombre d’arguments de la FSSPX.
« Une Église synodale requiert une liturgie synodale, et celle-ci ne peut être que la messe du Novus Ordo. La messe tridentine, porteuse d’une ecclésiologie ancienne et dépassée, n’est pas propice à l’évangélisation. Telle est la thèse défendue par Mgr Tomasz Holub, évêque de Pilsen en République tchèque.
L’ordinaire de Pilsen, en poste depuis 2016, est connu pour sa théologie hétérodoxe – une rareté en Europe centrale. Il fut l’un des rares évêques d’Europe centrale et orientale à soutenir ouvertement l’encyclique « Amoris Laetitia » du pape François et à annoncer qu’il administrerait la communion aux personnes divorcées et remariées. La décision de Mgr Holub suscita tellement de controverses parmi les autres hiérarques tchèques que l’ancien primat de République tchèque, le cardinal Dominik Duka, interrogea le Dicastère pour la Doctrine de la Foi sur la pertinence d’une telle démarche. Le cardinal Victor Manuel Fernández lui répondit alors qu’« Amoris Laetitia » autorisait une telle pratique ; l’ordinaire de Pilsen s’en trouva sans doute conforté dans sa position.
Mgr Tomasz Holub présente une thèse claire : « l’Église doit évangéliser, ce qui exige une théologie actuelle. La synodalité est un outil pertinent pour l’évangélisation car elle s’inscrit dans la théologie contemporaine et s’appuie sur les réformes conciliaires. Toutefois, elle requiert une liturgie adéquate, et seule la Novus Ordo Missae peut répondre à ce besoin.
L’évêque tchèque a déclaré que dans le diocèse de Pilsen, de nombreuses personnes sont réceptives au message de l’Évangile. Il est nécessaire de les atteindre, de répondre à leur désir de transcendance « d’une manière nouvelle, consciente que les méthodes traditionnelles sont dépassées et ne répondent plus aux besoins des personnes d’aujourd’hui ».
Afin de développer de meilleures opportunités d’évangélisation, l’évêque a convoqué un synode. Au cours de plusieurs années de travail synodal, il est apparu clairement que « l’Église n’est plus seulement l’affaire de quelques-uns, les prêtres ; ce n’est pas non plus une structure à gérer. C’est notre vie, composée de nombreux membres, unis et vivant en communauté ». Le peuple de Dieu « est devenu acteur, et non plus simple bénéficiaire de services ; un peuple composé de clercs et de laïcs, d’hommes et de femmes, unis sans distinction par le baptême commun ». Selon lui, la synodalité « n’est pas seulement une technique de communication, mais une manière de vivre la foi ».
Bienveillant mais ferme vis à vis des fidèles de la messe traditionnelle
L’ordinaire de Pilsen a reconnu que, dans son diocèse également, certains fidèles sont « attirés par les célébrations traditionalistes ». En participant aux messes selon le Vetus Ordo Missae, ces fidèles « se convainquent de la validité de la vision ecclésiologique proposée par ces rites ». Cependant, cela « provoque des divisions », alimente les soupçons à l’égard de la réforme et engendre une « méfiance envers l’Église ». Selon Mgr Holub, une attitude « à la fois bienveillante et ferme » envers ces fidèles est nécessaire, sous la forme d’un « processus d’accompagnement, de formation et de soutien synodal ». Ce processus devrait commencer par « une plateforme théologique commune incontestable, le Concile Vatican II, expression du véritable Magistère ».
La Tchéquie, un des pays les plus athées d’Europe
L’on ignore si tant de verbiage a permis d’améliorer la pratique dans son diocèse. La Tchéquie est aujourd’hui l’un des pays d’Europe qui compte le plus d’athées – en 2020, un tiers de la population se reconnassait athée dans un sondage (34%), encore 44% indifférents ou irreligieux, et seuls 10% catholiques.
Les précédents du schisme allemand – qui inspire visiblement l’évêque de Pilsen – ou du catéchisme hollandais montrent qu’en abandonnant la tradition catholique on ne fait que perdre et diviser les fidèles. D’ailleurs dans plusieurs langues de l’est de l’Europe, Golub/Holub signifie « pigeon« . Un nom qui en dit long…

Vous dites que cet évêque a abusé de la bière pour lui trouver des excuses Tout au contraire j’ai l’impression que cet évêque sait parfaitement ce qu’il dit, quelles sont ses intentions et où il va.