La Congrégation de Bétharram, déjà mise en cause par plus de 230 élèves en France pour des faits dans le collège éponyme et aussi à Ozanam (Limoges) dont elle a eu la charge jusqu’en 1995 – 8 plaintes pour quatre auteurs, dont deux de viol, a été rattrapée par des faits de violences sexuelles commis dans ses implantations d’Algérie et du Maroc.
Le Journal de Saône-et-Loire du 4 mai dernier publie une pleine page avec le témoignage d’un ancien élève du lycée Charles de Foucauld de Casablanca – plus dans le périmètre de la congrégation depuis le milieu des années 1970 – qui a porté plainte fin mars dernier en Saône-et-Loire pour des faits de viols commis par le père Bertrand Salla en 1964 et 1965, qui était alors professeur d’espagnol dans l’établissement. Il met en cause aussi le préfet des études, le père Pucheu, qui aurait été renvoyé à l’état laïc. L’affaire n’avait pas été traitée pénalement à l’époque, mais le père Salla a été renvoyé en France, où il est décédé au sein de la congrégation le 31 décembre 2024.


Des abus en Algérie à Sidi Bel Abbés
D’autres faits auraient eu lieu en Algérie, à l’école de Sonis à Sidi Bel Abbés, où Bétharram avait une implantation. Selon nos informations, au moins une victime a déposé plainte en mars 2025, pour des faits en 1961-62, mettant en cause le père Dominique Etcheverria, décédé en 2016. Celui-ci a prononcé ses voeux au sein de la congrégation de Bétharram en 1952, a été ordonné en 1962 à la fin de sa mission à Sidi Bel Abbés, a passé 40 ans dans le diocèse de Limoges où il a été dans diverses aumôneries – la congrégation y possédait aussi un établissement, le collège-lycée Ozanam – avant de rejoindre Pibrac dans le diocèse de Toulouse en 2012-2016.

Un prêtre de Bétharram condamné en Italie pour viol sur mineurs
Pour rappel, hors de France, la congrégation de Bétharram a été mise en cause pour abus en Côte d’Ivoire, en Angleterre, en Argentine ou encore en Italie, où le père Emilio Manzolini, ordonné en 1988, a été mis en examen en 2007 pour des abus sur deux fillettes en confession lorsqu’il était curé de Santa Rosa di Viterbo, et condamné en 2008 à quatre ans de prison.
En 2020 après plusieurs recours, sa peine, ramenée à deux ans et huit mois, ferme, est devenue définitive et il a été incarcéré : « le verdict est définitif. Un prêtre de 61 ans, originaire de Valsolda, a été arrêté et incarcéré à la prison de Bassone, à Albate, où il purgera une peine de deux ans et six mois. Ce prêtre, qui avait fêté ses 30 ans de sacerdoce lors d’une réception en Brianza en 2018, était accusé d’attouchements sexuels sur deux fillettes de 10 ans, commis entre 2005 et 2006, alors qu’il les préparait à leur première communion.
Les faits se seraient déroulés à Rome, dans une paroisse de la périphérie de la capitale. Les agressions ayant conduit à cette condamnation auraient eu lieu lors de confessions. Le prêtre a toujours nié les accusations, affirmant qu’il s’agissait de simples gestes d’affection et non d’attouchements. Les juges, quant à eux, ont retenu une autre version des faits. Après examen par la Cour d’appel, la Cour de cassation, un second pourvoi, puis de nouveau par la Cour de cassation, sa peine a été ramenée à deux ans et six mois. Le parquet de Rome a contesté la circonstance aggravante selon laquelle les deux jeunes filles, qui ont ensuite bénéficié d’un suivi psychologique, avaient été confiées au prêtre de Porlezza à des fins éducatives. Le mandat d’arrêt définitif est parvenu aux carabiniers de Porlezza ces dernières heures et a été exécuté. Le prêtre a donc été transféré à la prison de Bassone, où il purgera sa peine ».

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