L’ancien évêque de Bruges Mgr Vangheluwe, renvoyé de l’état clérical pour abus sexuels en mars 2024, est décédé.
Communiqué de la conférence épiscopale de Belgique :
Roger Vangheluwe est décédé le mercredi 1er juillet 2026 à l’âge de 89 ans. Mgr Franco Coppola, nonce apostolique, en a informé la Conférence des évêques de Belgique. Les funérailles se sont déroulées dans la plus stricte intimité.
Les évêques sont conscients que cette annonce peut provoquer une nouvelle vague d’émotion auprès des victimes. Ils reconnaissent la souffrance durable causée par les abus sexuels commis au sein de l’Église et réitèrent leur engagement à reconnaître et à prendre soin des victimes.
Pour plus d’informations sur l’accueil et l’accompagnement des victimes ainsi que sur le signalement des abus sexuels dans l’Église : +32 2 507 05 93, info@dignitybelgium.be.
Comme le rappelle Cathobel qui publie sa biographie, « né le 7 novembre 1936 à Roulers, dans une famille de quatre enfants d’un milieu modeste, Roger Vangheluwe ne passe pas par le petit séminaire, jugé trop prestigieux pour sa condition, mais par une école catholique moins réputée. Ses sœurs aînées interrompent leurs études pour que le garçon puisse poursuivre les siennes. Ordonné prêtre à Roulers le 1er février 1963, il enseigne au grand séminaire de Bruges de 1968 à 1984, tout en assurant le secrétariat du vicariat pour la pastorale paroissiale » .
Nommé « évêque de Bruges, le 19 décembre 1984″, ce qui surprend à l’époque, il est « consacré le 3 février 1985 par le cardinal Godfried Danneels, et devient le vingt-cinquième évêque du diocèse » pour près de 25 ans.
Celui qui se présente volontiers comme l’évêque des gens simples s’investit pour la visite du Pape Jean Paul II en Belgique – avec une étape à Ypres – et dans de nombreuses associations caritatives : « Caritas, Broederlijk Delen, Pax Christi, dont il siège un temps au conseil d’administration. Il envoie volontiers prêtres et religieux de son diocèse servir en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Néanmoins, il se refuse à intégrer des prêtres africains ou polonais dans son diocèse pour pallier au manque de prêtres » .
Il publie plusieurs ouvrages et affirme dès 2003 qu’il faut ouvrir le diaconat aux femmes – illustrant à son corps défendant que là où il y a du laxisme doctrinal, il y a aussi – souvent – des abus.
En direct à la télé, il reconnaît avoir violé ses neveux et affirme ne pas être pédophile
Car côté pile, « le 23 avril 2010, Roger Vangheluwe reconnaît avoir abusé sexuellement d’un neveu. Sa démission est acceptée le jour même par le pape Benoît XVI. Les faits, prescrits, échappent à la justice pénale : ils se sont étalés de 1973 à 1986, alors que l’enfant avait cinq ans au début« . L’affaire provoque une onde de choc en Belgique et une première libération de la parole avec des dizaines de témoignages de victimes d’abus dans l’Eglise.
En 2011 il aggrave le scandale en minimisant ses fautes – il reconnaît à la TV avoir violé deux de ses neveux et ne « pas avoir l’impression d’être un pédophile » et est envoyé hors du pays.
Expédié dans des communautés en France, puis renvoyé de l’état clérical
Il vit dans plusieurs communautés, notamment en avril 2011 à Magdala dans le diocèse de Blois, où Mgr de Germigny s’oppose à sa présence, puis à Solesmes dans le diocèse du Mans, avec le titre d’évêque émérite et sans activité pastorale. Des militants belges de Mouv’Enfants manifestent devant l’abbaye en mars 2024 : « il vit librement alors qu’il a violé ses neveux de 5 ans entre 1973 et 1986, il a publiquement reconnu les faits à la télé belge, de plus, lors d’une perquisition en 2012, il détenait des images pédocriminelles dans son ordinateur. Nous exigeons que des perquisitions se déroulent à l’Abbaye de Solesmes, notamment pour savoir s’il détient toujours des images pédocriminelles« .
Il est finalement renvoyé de l’état clérical d’un trait de plume en mars 2024 – de façon à ce que cette question ne perturbe pas les relations entre politiques belges et Rome en amont de la visite du Pape… Qui tombe cependant dans une autre polémique en constatant l’ampleur des dégâts du modernisme dans le catholicisme belge quand il doit rappeler le magistère de l’Eglise sur l’avortement dans la faculté pourtant « catholique » de Louvain.
D’autres abus sans réponse ?
L’ex évêque de Bruges emporte dans sa tombe d’autres lourds secrets. Notamment au sujet des abus qu’il a laissé faire dans son diocèse… Mais aussi d’autres qu’il a peut être commis, comme le rappelle Cathobel : « en janvier 2026, des médias belges font état d’une lettre de 2008 signalant des faits allégués sur de très jeunes enfants dans un ancien orphelinat de Courtrai – des accusations qui n’ont pas donné lieu à des poursuites ».
Il s’agit d’une lettre des religieuses de l’ex orphelinat Stella Maris au cardinal Daneels – l’archevêque de Bruxelles (1979-2010) est encore un responsable de la dérive moderniste de l’Eglise catholique belge, opposé à la messe tridentine, favorable à l’ordination des femmes, il a aussi par ailleurs couvert Mgr Vangheluwe alors que l’une de ses victimes l’avait rencontré, refusé que celle ci témoigne en public, n’avait rien fait pour lutter contre les abus dans son diocèse et le reste de la Belgique, même devant des faits apportés par des lanceurs d’alerte, etc.
Les religieuses décrivent une visite de Mgr Vangheluwe dans l’établissement en août 2008, où il participe à une sortie avec deux jumelles âgées de trois ans, des orphelines. Les religieuses le surprennent ensuite en train de « poser des actes inqualifiables » sur les deux gamines dans leur chapelle (!).
Le cardinal Daneels a fait comme à son habitude et s’est endormi sur le dossier, tout comme l’Eglise belge début 2026 – et notamment le très hétérodoxe primat de Belgique Mgr Terlinden, alors que les faits ne sont toujours pas prescrits.
Et il ne s’est trouvé personne pour excommunier le cardinal Daneels et Mgr Terlinden, si ce n’est pour les hérésies qu’ils soutiennent, du moins pour leur attitude permettant aux auteurs d’abus de mourir en paix, sans payer pour leurs crimes.
Sans doute Mathieu 18.6 a été oublié à Rome – il vaut mieux faire un Motu proprio en 2019 pour les victimes avec un titre qui claque et ne surtout pas l’appliquer. Sinon il n’y aurait peut être plus d’évêques dans certains pays, entre ceux qui ont commis, ceux qui ont couvert et ceux qui ont baladé les victimes ou les ont contraint au silence, d’autant plus facilement quand elles travaillaient pour l’Eglise ou avaient des enfants, des proches, qui y étaient.
Cependant malgré la mort de l’ex évêque de Bruges, pour la vérité il n’est jamais trop tard… À moins que l’Eglise belge ait d’autres sordides abîmes à cacher, le concernant… Ou ceux qui l’ont protégé et lui ont permis de perpétuer ses abus et la descente aux enfers du catholicisme belge, dont le taux de pratique effectif ne dépasse pas 1% de la population dans certains dioceses belges ?

Merci pour cet article! Tout comme pour les abus sexuels et toutes les affaires de moeurs, il est temps d’arrêter de taire les abus de la sainte doctrine, de la liturgie et du pouvoir usurpé dans l’Eglise par la bande des modernistes moralement pourris !!! Car très justement c’est plus que lié, c’est même exactement le même problème !!!