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FSSPX : les bons et les mauvais schismatiques ?

Par Rédaction de Catholix — 10 juillet 2026

Le Vatican aurait il perdu la définition des schismatiques ? Quelques contradictions relevées par la FSSPX :

  • Rome a reconnu les sacres épiscopaux avec juridiction effectués dans un clair esprit schismatique par le parti communiste chinois et continue de reconnaître les évêques nommés par un gouvernement officiellement athée et doctrinalement matérialiste, cherchant à contrôler et subvertir la doctrine catholique à des fins idéologiques. Pourtant, Rome refuse de reconnaître des sacres épiscopaux sans juridiction effectués sans intention schismatique par la FSSPX pour le bien des âmes. Le schisme revendiqué est toléré ; le schisme explicitement refusé est condamné.
  • Les excommunications de 1054 contre les schismatiques dits « orthodoxes » – également hérétiques sur plusieurs points1m – ont été levées et « condamnées à l’oubli » par Paul VI en 19652. Depuis, les orthodoxes ont sacré des centaines d’évêques avec juridiction, sans mandat pontifical, sans se soucier le moins du monde de Rome et contre la volonté du pape sans que le Vatican ne fasse retomber la moindre sentence sur eux. Pourtant la FSSPX ne s’est vue lever ses excommunications en 2009 que pour les voir retomber à peine quelques années après pour des sacres pourtant sans juridiction, dans un état de nécessité et avec une réelle volonté d’obtenir la compréhension de Rome.
  • Le nouveau code de droit canonique de 1983, dans son canon 844 §2, permet aux catholiques – au mépris de la discipline traditionnelle – de se confesser à un prêtre schismatique dans certaines circonstances et reconnaît incidemment la validité habituelle du sacrement de pénitence chez certains schismatiques. Pourtant le décret du 2 juillet refuse cette validité des confessions aux prêtres de la FSSPX. Par quelle singulière logique la confession serait-elle valide chez les schismatiques orientaux mais invalide dans une FSSPX réputée schismatique ?
  • Le canon 1117 du même Code dispense ceux qui sont nés dans le schisme de l’obligation d’observer la « forme canonique » du mariage. En d’autres termes, les mariages entre schismatiques sont tenus pour valides au regard du droit canonique. En revanche, la note du 2 juillet répute invalides les mariages au sein de la FSSPX mais considère dans le même temps la FSSPX comme schismatique depuis 1988, au risque d’une parfaite contradiction
  • Le cardinal Ratzinger disait des schismatiques orientaux que « Rome ne doit pas exiger de l’Orient, en ce qui concerne la doctrine de la primauté, plus que ce qui a été formulé et vécu durant le premier millénaire. » En revanche, la note du dicastère pour la doctrine de la foi exige des membres de la FSSPX de reconnaître que Vatican II constitue un magistère authentique auquel est due une adhésion. Aux premiers, on demande les mille premières années ; à la FSSPX, les cinquante dernières années.
  • À la suite de Jean-Paul II, Rome reconnaît désormais les schismatiques orientaux comme des « Églises sœurs » et des documents romains approuvés officiellement ont affirmé – au mépris du dogme proclamé par Boniface VIII – que la primauté du pape n’était pas un élément nécessaire au salut et que la conversion des schismatiques orientaux ne devait plus être recherchée. Pourtant le DDF déclarait le 2 juillet, dans un registre de paroles qu’on pensait disparu sans laisser de traces après Vatican II, que « tous les fidèles sont exhortés à rester fermes dans la communion avec le Pontife Romain ». Ceci à l’adresse d’une FSSPX qui rappelle pourtant la primauté du pape envers et contre un collégialisme destructeur de l’autorité pontificale. Ce qui n’est plus d’actualité pour les vrais schismatiques qui ne reconnaissent pas cette primauté devient théâtralement revendiqué en face de ceux qui reconnaissent pourtant déjà cette primauté.
  • Le Pape a déroulé son tapis rouge pour recevoir l’« archevêque » de Canterbury Sarah Mullaly avec tous les honneurs dus à un archevêque alors que la doctrine catholique ne reconnaît ni la validité des sacres anglicans ni l’ordination des femmes, et que de surcroît, elle soutient des positions gravement opposées à la morale traditionnelle sur l’homosexualité, les LGBT et l’avortement. Pourtant, Rome ne s’empresse pas de répondre aux lettres du Supérieur Général d’une congrégation pleinement catholique, et refuse obstinément d’entendre ses demandes répétées d’être reçu par le pape.
  • Le 26 mars dernier, Rome a promu Mgr Heiner Wilmer du siège d’Hildesheim à celui de Münster, trois fois plus important. Pourtant, cet évêque soutient ouvertement le Chemin synodal allemand, dont les revendications conduisent toujours davantage vers le schisme voire l’hérésie : ordination des femmes, remise en cause de la morale sexuelle, bénédiction des couples de même sexe. Rome récompense ainsi un évêque qui accompagne la dérive schismatique, tout en refusant des évêques à ceux qui s’efforcent de conserver intacte la foi catholique.
  • Le 5 mars 2023, le cardinal Fernandez, alors archevêque de La Plata, prononçait une homélie dans laquelle il critiquait la théologie traditionnelle de l’Eglise : « [l’Eglise] a développé toute une philosophie et une morale remplies de classifications, pour classer les gens, pour leur coller des étiquettes. “Celui-ci est comme ceci, celui-là est comme cela. Celui-ci peut communier, celui-là ne le peut pas. Celui-ci, on peut lui pardonner ; celui-là, non…” C’est terrible que cela nous soit arrivé dans l’Église. Grâce à Dieu, le pape François nous aide à nous libérer de ces schémas. » Pourtant celui qui refusait ainsi l’exclusion et les étiquettes, prononce aujourd’hui l’exclusion de tant de fidèles attachés à la foi catholique, les range sous l’étiquette infamante de « schismatiques » et énonce les conditions sine qua non précises pour le « retour » des membres de la FSSPX.

La FSSPX s’interroge donc : « faut-il donc conclure qu’il existerait deux catégories de schismatiques ? Les premiers, « bons schismatiques », accueillis avec bienveillance lorsqu’ils rejettent effectivement des dogmes catholiques et l’autorité du Siège apostolique. Les seconds, « mauvais schismatiques », traités avec une sévérité inflexible parce qu’ils refusent de voir la doctrine catholique altérée tout en s’efforçant de demeurer unis au Pontife romain. Autrement dit, de mauvais schismatiques… précisément parce qu’ils ne sont pas schismatiques? »

7 commentaires

  1. Alexis
    10 juillet 2026 à 22h00

    Je mettrai les orthodoxes orientaux de côté… à part la bénédiction des divorcés remariés ouvrant l’accès à la communion, on ne peut pas leur rapprocher des torts… ils ont pas de nouveaux dogmes, ils gardent la discipline sacramentelle irréprochable. Meme avant 1965, Rome reconnaissaient la pleine validité de tous les sacrements des orthodoxes et la validité de leurs juridictions!!! Il n’y a jamais eu et il n’y a toujours pas d’évêques catholique de Constantinople, de Moscou, d’Alexandrie… Tous les orthodoxes étaient toujours reçu dans l’Eglise catholique sans réception des sacrements « sub conditione », y compris pour l’intégration des eveques orthodoxes qui rejoignaient l’Eglise catholique…

    Tout le reste est parfaitement just!

  2. Abbé Perrenx, DrTh, Dr Méd, PH
    11 juillet 2026 à 8h44

    Malheureusement, à côté de critiques très exactes de la décadence inouïe des clercs (non pas de l’Eglise qui est sainte: cf. le credo), décadence que la FSSPX dénonce à bon droit,
    il n’est pas « juste » de parler d’emblée de « sacres épiscopaux sans juridiction effectués sans intention schismatique », car cette proposition est contradictoire dans les termes: l’intention (la « fin » des moralistes, « finis operantis ») ne peut être contraire à « l’objet » de l’acte (« finis operis »); or, cet objet est en lui-même mauvais et intrinsèquement schismatique, comme l’enseigne le Droit canonique immémorial et la théologie pérenne.
    L’intention de celui qui agit (« finis operantis ») comprend et assume en effet deux choses: 1°certes, la fin propre du sujet, que d’autres pourraient ne pas partager (par exemple, ici, ne pas vouloir être schismatique: que l’on peut appeler « finis operantis remotus »); mais 2° elle comprend aussi l’assomption dans l’intention globale de l’objet choisi comme acte (« finis operantis proximus »): avec ce second élément mauvais, l’intention globale du sujet est mauvaise: selon l’adage, « bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu ».

  3. gaetano
    11 juillet 2026 à 13h04

    Votre article est lucide et soyez-en Felicity pour eclairer le peuple.

  4. Philippe
    12 juillet 2026 à 7h49

    l’Église évolue, se modernise, ce qui équivaut à dire que ce que Jésus-Christ enseignait est ringard, dépassé. Ce sont ceux qui ont voulu cela qui sont schismatiques. Les conciles Vatican sont la cause de cet état de fait. Et tout cela repose sur le dogme de l’infaillibilité papale et de son autorité.

  5. TD
    12 juillet 2026 à 17h16

    M Alexis les orthodoxes ont rejeté le « Filioque » ce qui est une hérésie.
    Le pape lors de son voyage en Turquie a récité un Credo en omettant « Filioque » pour faire plaisir aux orthodoxes ce qui est abominable.
    Comment un pape peut il tronquer le Credo pour séduire des schismatiques ?

  6. LYS
    13 juillet 2026 à 14h24

    Depuis le 02 juillet 2026, le débat est clos.
    Tous ici reconnaissons que le Pape est Pape.
    Tous ici savons que Rome est éternelle : indéfectibilité de l’Unique Église du Christ dirigée par Léon XIV
    Tous ici savons ce que signifie « excommunication » et « shisme ».
    Tous ici savons lire les ordres reçus pour tout catholiques: interdiction de participer à« toutes activités fsspx »
    Tous ici avons nos points de vues personnels et raisonements privés.
    Tous ici savons que l’obéissance est due.
    Tous ici savons que le Vicaire du Christ a interdit les sacres du 01 juillet 2026.

    Ne reste qu’à obéir.
    Les croix sont reçues du Christ.
    On souffre pour l’Eglise, et souvent par l’Eglise.

    Aucun commentaires ne changera cela.
    Aucun communiqué des lefevristes ne changera cela.

    ITE MISSA EST

    1. Nominoe
      13 juillet 2026 à 15h09

      Roma locuta… C’est un peu court !

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