Le père Rémy Denais du diocèse de Rennes, qui avait agressé sexuellement deux femmes majeures, en pratiquant des activités de magnétisme (pratique interdite par l’Eglise) au début des années 2000 dans sa paroisse de Gevezé, a fait d’autres victimes.
Suite à son interdiction de ministère et l’appel à témoignages du diocèse de Rennes, trois autres victimes se sont fait connaître lors de l’enquête canonique. La dernière a été auditionnée le 5 juillet dernier, l’enquête canonique préliminaire bouclée le 13 et envoyée au Dicastère pour la doctrine de la Foi à Rome le 15.
Entre temps le 28 juin dernier, bien que interdit de tout ministère, le père Denais s’est invité aux ordinations et a imposé ses mains aux futurs prêtres, à quelques mètres de Mgr D’Ornellas qui ne fait rien pour l’arrêter ou l’en empêcher.
Les victimes ont manifesté leur incompréhension et leur colère, et le diocèse a promis une sanction sans la préciser – il s’agit d’un précepte pénal qui reprend son interdiction de ministère public et y ajoute une obligation de suivi psychologique et spirituel, à peine de suspens s’il n’obéit pas.
Les faits étant pénalement prescrits, la suite – et notamment la définition de sanctions canoniques – est dans les mains de Rome. Néanmoins le refus, à l’époque, du prédécesseur de Mgr D’Ornellas, de sanctionner ce prêtre et le fait que le diocèse de Rennes se soit endormi sur le dossier dix-huit longues années, pourrait engager la responsabilité civile du diocèse et permettre aux victimes de faire appliquer à Rennes la jurisprudence Di Falco.
Une épée de Damoclès de plus pour le successeur de l’actuel évêque, qui devra s’occuper de nettoyer les écuries d’Augias encombrées depuis un quart de siècle… Voire plus.
Des affaires d’abus et de violences dans l’enseignement catholique de Rennes jamais rendues publiques
Dans le diocèse de Rennes ont été rendues publiques et ont fait l’objet d’une couverture médiatique les affaires d’abus dans les établissements suivants :
- Rennes St Martin (Eudistes), viols et voyeurisme, deux auteurs, plusieurs victimes reçues par le pape François en 2021 et indemnisées par l’Eglise.
- Rennes St Vincent Providence : 6 victimes du même auteur (viol) de 1954 à 1963, + 3 autres auteurs de violences et viol, indemnisation en cours (diocèse)
- FSSPX St Marc en Poulet, agressions sexuelles (1 laïc pour 13 mineurs abusés de 1996 à 2001, 1 religieux, jugés) et violences
N’ont pas été rendues publiques mais des victimes ont été indemnisées :
- petit séminaire de Châteaugiron (diocese, 1908-1972) 2 victimes connues dont une s’est adressée à l’INIRR en mars 2022
D’autres affaires sont aujourd’hui toujours dans les limbes et n’ont pas été rendues publiques :
- Redon St sauveur (eudistes jusqu’en 1995, depuis diocèse de Rennes), violences 1945-70, viols d’élèves par un religieux, nombreuses violences sur les élèves dans les années 1945-1968, lorsque l’établissement été fréquenté par les fils de bonne famille dont les résultats étaient trop faibles pour les établissements catholiques nantais (St Stanislas, Chavagnes, Loquidy etc), St Martin de Rennes ou St François Xavier à Vannes
- école primaire privée de filles Ste Marie de Pont Réan (violences commises par au moins une religieuse, cessées après la rébellion d’une élève et de sa mère)
- RENNES collège lycée de l’Assomption, des témoignages d’élèves sur un groupe Facebook citent les frères C et F, surveillants pour faits de violences récurrents.
Cet inventaire, réalisé à partir des témoignages et des recherches de nos lecteurs, n’est hélas pas exhaustif. Cependant le rapport de la CIASE demandait aux institutions ecclésiastiques, ordres enseignants, diocèses, institutions émanant de la CEF et de la CORREF, de faire la transparence sur tous les abus connus, pas d’en reconnaître un de temps à autre du bout des lèvres quand une victime porte plainte ou que la presse révèle une affaire.
Cinq ans après la parution du rapport de la CIASE, il serait peut être temps d’essayer de sortir de la crise des abus – ce qui n’a toujours pas été fait – en faisant oeuvre de transparence. A Rennes et ailleurs.
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