Le Figaro révèle ce 17 août une nouvelle affaire d’abus parmi toutes celles sur lesquelles le diocèse de Paris s’est endormi. L’abbé Francis Barjot, le bien nommé,81 ans, a été mis en examen le 13 août dernier et placé sous contrôle judiciaire suite à la plainte en juin 2024 d’un homme aujourd’hui âgé de 41 ans, et qui a subi des viols depuis ses 12 ans à sa majorité, de 1997 à 2003, et encore après.
Le journal révèle qu’il y a encore d’autres victimes, au moins trois, notamment pour des faits survenus chez les scouts de France à Jambville en 1979, mais que les faits sont prescrits.
Le diocèse de Paris avait reçu au printemps 2018 deux signalements de victimes mineures au moment des faits, aurait transmis les faits à la justice, qui aurait classé l’enquête en 2019. Néanmoins en octobre 2024 il était interdit de tout ministère et d’entrer en contact avec ses victimes. La procédure canonique serait toujours en cours.
L’abbé Francis Barjot a été successivement en poste à :
- Notre Dame des Épinettes (17e)
- 3 ans aux États-Unis
- ND du Rosaire (14e) de 1992 à 1999
- St Hippolyte (13e) au début des années 2000 où il était très investi dans les relations avec la communauté chinoise
- ND d’espérance (11e) jusqu’en 2020 où il a donné dans l’œcuménisme et le dialogue avec les musulmans
- en résidence à la paroisse St Eloi (12e) depuis 2020
Des abus à Notre Dame du Rosaire ?
Selon nos informations, un de ses lointains successeurs à la cure de Notre Dame du Rosaire s’est sérieusement interrogé sur sa vocation sacerdotale après avoir appris, au détour d’une conversation banale, que des abus auraient été commis par l’abbé Barjot dans la chambre même où les curés dorment.
Déjà il avait appris par la presse l’emprisonnement de son ex vicaire, le père Erick, originaire du Bénin, pour des abus sur des femmes majeures pendant des séances d’exorcisme. Son prédécesseur avait omis de le mettre au courant, comme pour le passé trouble de la paroisse.
Mais se taire lui a été bénéfique – évêque auuxiliaire à Paris, celui qui ambitionnerait un siège territorial est bien placé pour le mercato des évêques à venir entre 2027 et 2032 (la moitié arrivent en limite d’âge et seront remplacés); il s’occupe des questions d’abus dans le diocèse de Paris, endormi sur des dizaines d’affaires qui traînent parfois depuis l’époque du cardinal Lustiger, et dont les figurants ont parfois été expédiés en province (Dijon, le Havre, Saint Denis en France etc) ou au contraire recasés hors paroisses, à des postes intellectuels et prestigieux.
Oui, à Paris, un prêtre qui, aux temps où l’Eglise n’était pas en crise, aurait été renvoyé de l’état clérical sans barguigner, ou envoyé vivre quelques années de prière et de pénitence dans une Trappe, peut se trouver à donner des leçons de morale à ses confrères, et intervenir régulièrement dans les médias.
C’est dire que le prochain évêque de Paris aura du travail… Et que l’actuel, auquel ne restent que quelques mois en fonction, tient à présenter au Pape et à son successeur un bilan digne d’un village Potemkine.
Il porte bien son nom. Il faut l’être pour se livrer à de tels actes.