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FSSPX : « ce serait une tragédie colossale si le Saint-Siège gérait les sacres comme une question de politique »

Le prêtre américain traditionnaliste John Zuhlsdorf, ex-membre de la Commission Ecclesia Dei, revient sur son blog Father Z sur les sacres de la FSSPX et la déclaration de Foi de la FSSPX – qu’il critique, mais il espère qu’il n’est pas encore trop tard pour Rome et la FSSPX afin de trouver un accord sur les futurs sacres, prévus le 1er juillet, et dont le site a été mis en ligne le 16 mai dernier :

« Il est encore temps d’organiser une réunion.

Par ailleurs, j’ai eu l’occasion de rencontrer des prêtres de la FSSPX et de découvrir leurs actions auprès des prêtres diocésains en difficulté. J’ai discuté avec eux, échangé des messages. J’ai cherché à comprendre leur mission. J’ai même eu le plaisir de partager une longue soirée conviviale avec leur supérieur, en compagnie de prêtres de la FSSPX et de prêtres diocésains. Parlant italien, nous avons eu des échanges animés avant et pendant le repas.

Je comprends maintenant certaines choses concernant la FSSPX dans son ensemble, choses que je ne comprenais pas il y a de nombreuses années, lorsque j’étais membre de la Commission. De plus, j’ai vu cet agent inattendu du pape François les aider en Argentine, puis leur accorder la faculté de confesser et la possibilité de célébrer des mariages, ce qui semble confirmer qu’ils ne sont pas suspendus. Et comme je l’ai mentionné, j’ai constaté ce qu’ils ont fait pour les prêtres réguliers dans le besoin ou maltraités par leurs évêques.

J’ai été quelque peu consterné par la déclaration du Père Pagliarani. Il m’a immédiatement semblé évident, d’une évidence criante, qu’un tel texte ne serait pas compris par les instances concernées au Saint-Siège, ni par la Doctrine de la Foi. Ces dernières auront peut-être besoin d’une pierre de Rosette pour déchiffrer toutes ces idées, étrangement familières, comme sorties d’un vieux livre.

Cependant, un passage de la Déclaration m’a profondément attristé : l’affirmation selon laquelle le baptême est le seul moyen d’être sauvé.

Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême pour y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité entière sans exception et s’applique sans distinction aux chrétiens, aux juifs, aux musulmans, aux païens et aux athées.

Voilà qui va faire s’emporter les membres de la DDF. De plus, ce n’est pas tout à fait exact car, comme saint Augustin l’a justement expliqué, nous ne pouvons pas limiter le choix de Dieu quant aux personnes qu’il sauve. Lorsqu’il écrivait sur la nécessité du baptême, Augustin affirmait cette nécessité tout en admettant que Dieu peut sauver qui il veut, même s’il ignorait comment. C’est pourquoi j’aurais préféré une phrase comme : « Sans imposer de limites à Dieu, qui a voulu le sacrement du baptême comme moyen d’expression de son désir… etc. »

Politiquement, le pape Léon n’aurait rien à perdre à se montrer généreux et paternel envers la FSSPX, avec un peu d’attention personnelle. Je pense que les membres de la FSSPX seraient prêts à se sacrifier pour lui et pour l’Église. C’est incroyable ce qu’un peu d’eau par une chaude journée ensoleillée peut faire à mon pot de basilic sur mon petit patio romain.

D’un autre côté, Léon n’y perdrait rien politiquement en se montrant intransigeant envers la FSSPX, car les 99 % d’évêques libéraux se rallieraient sans hésiter, comme des lemmings à la mer. Et les anges pleureraient.

Voilà la politique. Ce serait une tragédie d’une ampleur colossale si le Saint-Siège gérait cette affaire comme une simple question de politique, de factions ou de points de vue.

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