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Euthanasie : la France sort officiellement de la chrétienté

Par Rédaction de Catholix — 15 juillet 2026

Lors d’un vote justement qualifié d’historique, les députés français ont adopté un des textes les plus permissifs en matière d’euthanasie du monde, salué immédiatement par Emmanuel Macron.

« Lors d’un vote, mercredi après midi, les députés ont adopté la proposition de loi sur l’aide à mourir, par 291 voix contre 241, et 29 abstentions. Un vote conforme aux précédents scrutins à l’Assemblée nationale, puisque c’est la quatrième fois au total que cette réforme est validée par les parlementaires de la Chambre basse, majoritairement favorables à cette évolution.

« En 2022, j’avais pris l’engagement d’ouvrir ce chemin avec les Français. Avec gravité, avec humilité, et dans le plein respect de notre démocratie, cet engagement est tenu », a salué Emmanuel Macron à l’issue du scrutin.

La CEF entérine son échec et son inutilité

Le communiqué de la CEF a beau être martial, c’est une dé-fête nationale qu’il valide ; à partir de ce soir l’inutilité de la CEF est patente, ainsi que le fait que la chrétienté soit devenue inaudible alors que dans nombre de diocèses la pratique est passée sous les 1% – la France (et les Français, majoritairement favorables à la rupture eschatologique majeure qu’est l’euthanasie, au gré des sondages) – valide auprès de la douane de l’enfer sa sortie soi disant définitive de la chrétienté et de ses valeurs. Notamment charité, soin, solidarité – à partir de demain si le malade ou la personne est jugée pas assez rentable, il sera condamné à mort.

« Ce 15 juillet 2026 marque une rupture grave dans l’histoire de notre pays. En choisissant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, les députés ont inscrit dans la loi française la possibilité de provoquer la mort. Ce choix rompt avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d’accompagner chaque personne jusqu’au terme naturel de sa vie.

Depuis quatre ans, avec les évêques de France, nous avons participé de façon sérieuse et responsable au débat sur la fin de vie, par l’expression de nos convictions et en dialogue avec tous. Forts de l’expérience multiséculaire de l’Église dans l’accompagnement des personnes malades, des mourants et de leurs familles, nous avons tenu à partager nos réflexions sur la dignité de toute vie humaine. Le Président de la République avait annoncé un débat serein, éclairé et respectueux mais force est de constater que les enjeux politiques, idéologiques et sans doute même économiques, déguisés par des mots trompeurs, ont eu raison de cette ambition. Une question aussi essentielle pour notre pacte social méritait pourtant que les conséquences humaines, médicales, éthiques et sociales de l’euthanasie et du suicide assisté soient pleinement considérées.

Les effets d’une telle législation ne se mesurent pas encore mais ils se dessinent déjà. Notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie, changera. Le lien de confiance entre les générations mais aussi entre les soignants, les patients et leurs familles sera dégradé et le regard de la société sur la fragilité, abîmé. Les plus pauvres risquent d’être les premiers à en payer le prix : ne voulant pas être une charge pour leurs enfants ou petits-enfants, les personnes âgées en précarité pourraient se sentir poussées à partir. En outre, l’expérience d’autres pays montre que les critères d’accès à l’aide à mourir tendent toujours à s’élargir, au détriment des soins palliatifs.

Par-delà la désapprobation, ce vote du 15 juillet nous appelle donc à un engagement renouvelé, avec les familles, les soignants, les bénévoles, les proches aidants, les associations, les aumôniers, pour témoigner qu’une autre voie est possible, celle d’une présence fidèle et d’un accompagnement attentif qui apaisent les souffrances physiques ou psychologiques, sans jamais abandonner quiconque.

Cette loi est la porte ouverte à la dégradation continue du système de santé et de solidarité

Cet été déjà, alors que les hôpitaux, une fois de plus « à poil » devant la chaleur, des malades exténués, mais pourtant parfaitement soignables, demandaient où signer pour « être piqués », comme des bêtes.

Alors que le système de santé se trouve régulièrement en état d’urgence face aux épidémies de grippe, le froid mordant ou la chaleur, à quoi bon soigner les malades si la loi permet de les mener jusqu’à une telle lassitude qu’ils choisiront comme une grâce de se faire tuer ?

Certes, le premier ministre a décidé de reprendre, pour mieux permettre la validation du texte, les réserves énoncées par le Sénat – qui par paresse intellectuelle s’est contenté de rejeter le texte en refusant de le combattre politiquement ou le retravailler. Et il a notamment promis de saisir le conseil constitutionnel sur la clause de réserve des médecins et le délai de rétractation des malades.

La plus grande rupture depuis le début de l’histoire de France

Mais cela ne change rien à l’essentiel : ce soir la France vit en effet sa plus grande rupture depuis le VIe siècle. En cessant de privilégier la culture de vie pour favoriser celle de la mort, le soin des plus fragiles pour préfèrer l’épuration de ceux qui ne sont pas où plus rentables pour le capitalisme, l’hôpital face à l’aktion T4, la charité face à l’élimination pure et simple des faibles, la France cesse tout simplement d’être un pays chrétien.

Et derrière ce choix, comme en Belgique ou au Canada, il n’y a que l’abandon de tout et l’abîme.

2 commentaires

  1. Marek
    15 juillet 2026 à 21h28

    Douze députés RN ont voté pour. Qui c’est ?

  2. Matron
    15 juillet 2026 à 22h27

    nous sommes sortis de la Chretienté depuis 1975 et la loi Weil, et qui ouvrait largement la porte à cette nouvelle étape

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