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Riposte Catholique
Abus sexuels

Nantes : le 27 juin une plaque posée pour les victimes de Saint-Stanislas

Par Nominoe — 15 mai 2026

Le diocèse de Nantes a commencé, en son nom et au nom de la direction diocésaine de l’enseignement catholique, à envoyer les invitations pour la cérémonie de la pose de la plaque en mémoire des victimes d’abus sexuels par des prêtres et des laïcs au collège Saint-Stanislas à Nantes entre 1948 et le début des années 2010 – 81 faits ont été remontés au diocèse rien que dans cet établissement entre août 2025 et février 2026, tous prescrits. Le diocèse a par ailleurs reconnu des abus dans 25 autres établissements sur les 290 de l’enseignement catholique de Loire-Atlantique.

La cérémonie est prévue le 27 juin prochain à 16h30; la plaque, dont le texte a été décidé avec le collectif des victimes, doit être posée dans la cour au pied de l’escalier d’honneur. L’évêque de Nantes, le directeur diocésain de l’Enseignement Catholique et le directeur du collège-lycée Saint-Stanislas doivent être présents.

Le diocèse a fini, après l’ouverture d’une enquête suite au suicide d’un ancien élève de Saint-Stanislas, en juillet 2024, qui avait été victime en 1992 d’un laïc de cet établissement, de rompre avec des décennies d’omerta que plusieurs épisodes de tags sur l’établissement en question, juste après le rapport de la CIASE, n’avaient pas ébranlée. Le diocèse parlait à l’époque de « rumeur » alors qu’au moins cinq victimes étaient déjà connues de la CIASE et de l’INIRR et avaient demandé à être indemnisées – elles étaient dix connues du diocèse avant l’appel à témoins d’août dernier.

« Nous ne détournons pas le regard » : souvent le diocèse de Nantes varie

Le carton indique « nous n’oublions pas, nous ne détournons pas le regard« . Selon nos informations, encore cet automne, le diocèse de Nantes pensait en avoir fini avec les révélations sur les abus dans ses paroisses et établissements. « Notamment en refusant de répercuter nos appels à témoignages quand nous avons découvert que certains prêtres auteurs d’abus à Saint-Stanislas ont été par la suite dans d’autres établissements scolaires, voire des paroisses, ou en refusant carrément nos demandes de communication de leurs nécrologues, pourtant déjà publiés dans le bulletin diocésain à leur mort » (!), relève un membre du collectif des Victimes de Saint-Stanislas.

La libération de la parole, dans toujours plus d’établissements de Loire-Atlantique

Cependant la libération de la parole concerne toujours plus d’établissements et de congrégations : des dizaines de victimes de violences et d’abus aux Angreviers, une maison de correction qui faisait partie jusqu’en 2006 de l’enseignement diocésain de Nantes, des victimes d’abus et de violences aussi à Notre-Dame de l’Abbaye et quatre autres établissements de la congrégation des Frères de l’Instruction Chrétienne de Ploërmel (mennaisiens) à Nantes, Saint-Nazaire et Derval, dans quatre des établissements des lassaliens en Loire-Atlantique à Nantes et Guérande…

Et plus récemment encore à l’école Notre-Dame de Lourdes de Sainte-Pazanne où l’instituteur-directeur, un laïc, battait les garçons et violait les fillettes – si le diocèse ne faisait état que d’un signalement, quatre autres anciens élèves ont témoigné dans les colonnes d’Ouest-France. Les faits sont prescrits, mais l’auteur toujours vivant, ce qui laisse la possibilité d’une procédure en indemnisation sur le modèle de la jurisprudence Di Falco.

Seuls sept diocèses ont essayé une (certaine) transparence sur les abus, les autres restent assis sur des poudrières

« A ce jour, seule une demi-douzaine de diocèses français n’affirment plus que les abus, c’est une personne, ou une école, mais ont entrouvert leurs archives, comme le diocèse de Nantes, après des mois de combat, et/ou commencé à reconnaître qu’il y a eu des problèmes dans un certain nombre d’établissements. Ces diocèses sont Nantes, Quimper, Bayonne, Dax, Tarbes, Beauvais et Reims-Ardennes, et ce n’est pas tellement du fait de leur volonté, mais du combat constant des collectifs de victimes, qui comme le nôtre ont refusé de se cantonner à une seule affaire d’abus, mais se battent pour la libération de la parole dans leurs diocèses et ailleurs« , réagit auprès de Riposte Catholique le collectif des victimes de Saint-Stanislas.

« Tous les autres diocèses restent, cinq ans après la CIASE, résolument assis sur des poudrières, et comme ils ne veulent pas de la parole des victimes, ni de la vérité, ils se sont condamnés à en subir les conséquences. Aujourd’hui, peu de victimes ont encore confiance dans l’institution religieuse – ce que justement la CIASE voulait éviter – et s’organisent ensemble, comme les victimes des lassaliens qui ont monté un collectif national (association MVR) ou passent par les médias; elles ne veulent plus des aumônes de l’institution, souhaitent qu’on les écoute, et parlent de plus en plus tôt…« .

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